Tu nous as quittés et avec toi une grande partie de notre histoire s'en est allé.
Tu es né un 5 août 1933 à Ouled Fayet. Après de brillantes études, tu as commencé ta vie professionnelle à Air Algérie. Durant les événements, tu as été enlevé avec ton grand-père. Torturé, tu as eu la vie sauve grâce à l'un de tes geôliers que vous connaissiez et qui vous a libérés.
Après ce triste et douloureux épisode tu as, comme des centaines de milliers de compatriotes quitté ton Algérie, celle où flottait le drapeau français, pour rejoindre ta femme Yvette que tu avais épousée en Algérie et qui était originaire de Cheragas.
Votre rapatriement, comme pour beaucoup d'entre nous, s'est fait dans la douleur. En plus, pour toi, il s'est effectué à Épinal dans les Vosges et tu as supporté avec beaucoup de difficultés ce premier hiver très rigoureux. Cela ne vous a pas encouragés à en passer un second. Tu as donc quitté les Vosges pour descendre dans le midi à Solliès-Pont.
Tu t'es installé comme carrossier en automobile et ce fut l'élément qui a permis de nous rencontrer. En effet j'avais des camions à peindre et je cherchais un peintre en automobile. C'est ainsi que je t'ai rencontré en 1967 pour la première fois. Au fil de nos rencontres nous évoquions notre pays perdu et nos difficultés à nous intégrer dans un département qui devait accueillir des milliers de familles pieds-noirs.
Les années passant, tu t'es reconverti dans la profession d'expert automobile. Au fil des ans, une amitié solide s'est établie entre nous et cela t'a amené, en 1974, à nous rejoindre au sein de l'USDIFRA. Avec Jean-Pierre et Robert Claude nous formions une équipe soudée prête à affronter toutes les difficultés et les problèmes rencontrés nos compatriotes nous étions prêt à conquérir le monde.
Depuis cette date, malgré quelques passages difficiles, nous ne nous sommes jamais séparés et tu es devenu le plus fidèle d'entre les fidèles.
Mais pour Yvette et toi, la décennie 80 a été marquée par le terrible accident de Pierre-Yves, ton fils, qui resta dans le coma plus de 40 jours. Cet événement vous a marqué à jamais dans votre chair.
La solidarité a joué du mieux que nous avons pu et nos liens se sont encore plus resserrés. Notre amitié s'est transformée en quelque chose de plus fort encore. Tu es devenu un second frère pour moi.
Tu as continué ta vie professionnelle dans le bâtiment et la construction de piscines.
Ton existence s'est éclairée avec la venue de Jeanne que Domi, ta fille, te fit le bonheur de mettre au monde. Tu es alors devenu un grand-père gâteau, présent chaque fois que Jeanne te demandait quelque chose. Tu te faisais un plaisir immense de lui donner ce qu'elle voulait.
Mais rien ne t'a jamais écarté de notre union syndicale. Tu as toujours été présent à toutes nos réunions et tes coups de gueules et tes interventions souvent véhémentes nous manquent déjà.
La vie, hélas, t'as confronté à la maladie et ce dernier combat tu l'as perdu un 6 juillet. J'étais venu te voir la veille au soir. J'espère que tu a pu entendre mes dernières paroles d'encouragement pour ce grand voyage qui t'attendait.
Je suis sur qu'après un long parcours tu vas rencontrer ta famille et tes amis, Robert Claude, Jean-Pierre, Yvan, Octave, Martial et tous les autres qui vont t'attendre avec un verre d'anisette bien fraîche pour te désaltérer mais aussi pour t'écouter leur raconter tout ce que nous subissons depuis 48 ans pour que justice soit rendue je suis sur qu'ils seront fier du combat mené par notre Union Syndicale.
Lulu, je te souhaite, nous te souhaitons un bon repos et sache que Yvette, Domi, Pierre-Yves, Jeanne et Tom ne seront pas seuls.
Au revoir.
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